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Finance Watch démonte les arguments du lobby bancaire en faveur d’une baisse des réserves en capital

Banking

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Finance Watch

Charlotte Geiger

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Finance Watch publie aujourd’hui une analyse critique d’un récent rapport commissionné par la Fédération Bancaire Européenne sur la mise en oeuvre du cadre final de Bâle III.

Bruxelles, 11 décembre 2019 – L’association Finance Watch publie aujourd’hui un mémo intitulé “How can safer banks hurt the EU economy ?” (Comment des banques plus sûres peuvent-elles nuire à l’économie européenne ?) répondant aux arguments développés par la Fédération Bancaire Européenne qui visent à entraver la finalisation du cadre de Bâle III. L’objectif de Finance Watch est de rééquilibrer le débat public autour de l’importance de l’exigence de fonds propres bancaires suffisants pour le bénéfice de la société et de l’économie européenne.

Quatre questions fondamentales sont posées par Finance Watch à propos du rapport réalisé par “Copenhagen Economics” pour la Fédération Bancaire Européenne :

  • Des règles du jeu équitables entre les banques américaines et européennes : Quelle est la surprise dans le fait que “l’output floor”, qui établit pour le calcul des exigences de fonds propres calculées par des modèles internes un plancher à 72,5% de niveau calculé par l’application de  l‘approche standard, ait plus d’impact sur les banques européennes que sur les banques américaines, sachant que les banques américaines sont déjà sujettes à un output floor de 100% ? Les règles du jeu inégales entre les banques américaines et européennes ne joueraient-elles pas aujourd’hui dans la direction opposée à celle suggérée par la Fédération Bancaire Européenne ?
  • Financer l’économie réelle : Pourquoi les banques devraient-elles diminuer le montant de leurs prêts à l’économie productive du fait d’exigences de fonds propres plus élevées, compte tenu de l’approche très progressive de la finalisation de Bâle III (2027) et de la part déjà faible de leur bilan consacrée aujourd’hui au financement de l’économie réelle ?
  • Augmentation des fonds propres : Comment une augmentation du capital des banques pourrait-elle conduire à une diminution permanente du PIB de même ampleur ? Cette affirmation a d’autant moins de sens que la plupart des banques seront en mesure d’augmenter leur capital au cours des années qui viennent simplement en mettant leurs bénéfices en réserves.
  • Coût d’une crise financière : comment est-il possible de considérer un coût “modéré” des crises financières à 0,6% du PIB lorsque l’on sait l’impact social et budgétaire qui a été celui de la crise de 2007-2009 ?

Thierry Philipponnat, directeur de la recherche et du plaidoyer de Finance Watch, a déclaré :

“Outre les nombreuses questions que soulève le rapport de Copenhagen Economics, un point particulièrement important mérite d’être noté : la Fédération Bancaire Européenne y reconnaît l’existence des banques “trop-grosses-pour-faire-faillite” ainsi que les avantages que ce statut apporte aux banques en termes de coût de financement. Cette reconnaissance a d’importantes implications, notamment en matière de politique publique, et devrait alimenter une analyse approfondie de la relation entre le secteur bancaire et la société.”

Benoît Lallemand, Secrétaire Général de Finance Watch, a déclaré :

“Finance Watch serait heureux de débattre avec la Fédération Bancaire Européenne à propos des questions essentielles que soulève le rapport de Copenhagen Economics. Nous pensons que de tels échanges sont importants pour la qualité du débat public et pour l’élaboration de politiques publiques saines. Dix ans après la plus grande crise financière du siècle, nous ne pouvons laisser ces questions sans réponse.”

FIN

Pour plus d’information ou pour une demande d’interview veuillez contacter :

 

Notes à l’intention des rédactions

Le 22 novembre, Copenhagen Economics sortait un rapport écrit pour la Fédération Bancaire Européenne sur la mise en oeuvre Européenne du cadre final de Bâle III.

Le même jour, le Conseil de Stabilité Financière publiait sa liste de 2019 des banques globales d’importances systémiques, atteignant 30 institutions, une de plus par rapport à l’année dernière.

Le 29 novembre, le Conseil de Stabilité Financière publiait son rapport sur l’évaluation du financement des PME. Selon Klaas Knot, Vice-Président du CSF et Président de la Banque des Pays-Bas, qui à dirigé ce travail, “l’étude apporte d’importantes preuves sur le fait que les réformes post crise financière n’ont pas débouché sur une réduction tangible et évidente des prêts aux PME. En effet, les réformes ont créé un système financier plus résilient avec des fondations solides permettant le soutien à la croissance des PME sur le long terme”.

Le 4 Décembre, l’Autorité Bancaire Européenne publiait la deuxième partie de ses recommandations sur la mise en oeuvre de Bâle III au sein de l’UE, confirmant la réponse de Finance Watch à Copenhagen Economics: “Les bénéfices de long-terme sont substantiels et l’emportent sur les modestes coûts transitoires. La réforme réduira la sévérité des ralentissements économiques futures par la réduction tant de la probabilité que de l’intensité des futures crises bancaires, permettant de considérables bénéfices nets à long terme d’environ 0,6% de PIB annuel”.

La Fédération bancaire française (FBF) a aussi publié un mémo “Les accords de Bâle et leurs conséquences sur l’économie” le même jour (22 novembre 2019) en faisant référence au papier de Copenhagen Economics. Un groupe de 70 parlementaires français soutient une résolution visant à empêcher la mise en œuvre intégrale de Bâle III. Elle sera probablement débattue à l’Assemblée nationale le 7 janvier 2020.

Pour aller plus loin avec Finance Watch sur le sujet :

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